Besoin de publicité gratuite efficace ?

Homophobie

Homophobie

Manifestation homophobe sous forme de graffiti dans le métro parisien, 2005.
Manifestation homophobe sous forme de graffiti dans le métro parisien, 2005.

Le terme d'« homophobie » désigne l'hostilité explicite ou implicite envers les homosexuels. Cette hostilité relève de la peur, de la haine, de l'aversion ou encore de la désapprobation envers l'homosexualité. Par extension, l'homophobie désigne les préjugés et la discrimination anti-homosexuels.

Bien que le mot ait été forgé par un psychologue, homophobie n'est pas un terme de psychiatrie. Il n'existe pas d'« homophobie pathologique ». Pour la théorie analytique, une homophobie profonde pourrait cependant être liée à une homosexualité refoulée, c'est-à-dire des sentiments homosexuels contrariés. Certains estiment que le terme d'homophobie, étymologiquement inexact (ce n'est en effet pas la peur de l'identique mais la peur de l'homo(sexualité) ; voir plus bas), constitue plutôt un terme utilisé par les associations homosexuelles pour désigner toute attitude d'agression ou de rejet à l'encontre des homosexuels ou de l'homosexualité. En ce sens, l'homophobie peut être apparentée à la xénophobie. Le terme homophobie peut donc sembler être politiquement campé et non pas une définition officielle en psychologie.

L'homophobie n'a pas non plus de définition légale dans tous les pays. En France, la loi de modernisation sociale votée sous la gauche début 2002 a interdit officiellement toute discrimination à l'embauche ou dans le monde du travail (déroulement de carrière, harcèlement...) basée sur le rejet des homosexuel(le)s. Depuis, deux amendements à des lois anti-discriminations existantes ont été adoptées le 31 décembre 2004, réprimant les propos homophobes tenus publiquement (au même titre que les propos xénophobes, racistes, sexistes, handiphobes, etc.) La loi ne précisant pas le terme "homophobe", doit être compris comme tel tout propos qu'un jugement aura déclaré être homophobe. Les adversaires de cette législation accusent les homosexuels de censure. Au Canada, le député homosexuel Svend Robinsontenta en 2002 de faire introduire une loi (C-250) interdisant toute publication négative envers les homosexuels, notamment certains passages de la Bible, du Coran et de la Torah. Les défenseurs des libertés civiles ont néanmoins empêché cette législation jugée répressive. Cette loi a été entérinée au Sénat canadien en mai 2004 avec amendements.

Étymologie  

Le mot « homophobia » est un néologisme forgé par le psychologue Kenneth Smith qui apparaît pour la première fois dans son ouvrage Homophobia : a tentative personality profile (1971). Repris par George Weinberg dans son ouvrage Society and the Healthy Homosexual. La société et l'homosexuel bien-portant (1972), le terme a été transposé en français par Claude Courouve dans son ouvrage Les Homosexuels et les autres (Paris : Athanor, 1977). On peut y trouver deux radicaux grecs, homo- pour « semblable » et -phobie, « peur ». Ainsi formé, le terme est un raccourci pour homoérotophobie, ou « peur de l'homoérotisme », créé par le Dr Wainwright Churchill dans son Comportement homosexuel chez les mâles, publié en 1967. Il faut donc noter qu'homophobie ne signifie pas « peur de son semblable » ni, comme le suggèrerait sa construction, « peur de l'uniformité ».

On utilise parfois le terme d'homophobe pour désigner toute organisation ou individu ne reconnaissant pas les mêmes droits aux homosexuels qu'aux hétérosexuels. La pertinence de cette utilisation est objet de controverse.

Utilisation du terme[modifier]

« Homophobie » signifie bien « peur ou haine envers les homosexuels ou l'homosexualité elle-même ».

Quelques personnes, parmi lesquelles des activistes luttant pour les droits des homosexuels, utilisent le mot pour signifier toute forme de désapprobation contre l'homosexualité, pensant que celle-ci est fondamentalement fondée sur une peur et une haine irrationnelles. Par exemple, l'activiste homosexuel américain Scott Bidstrup écrit dans son essai Homophobie : la peur derrière la haine :

« Si vous cherchez le mot homophobie dans le dictionnaire, celui-ci vous dira sans doute qu'il s'agit de la peur des homosexuels. Alors que la plupart ne se satisferont pas d'une telle définition, elle est cependant vraie à bien des égards : c'est bien une peur de l'homosexualité, ou du moins des homosexuels, ainsi que nous le verrons dans cet essai. » [2]

Pour certains auteurs, l'homophobie masculine renvoie à des mécanismes de défense mis en place pour protéger le sentiment de virilité « menacé par les homosexuels », pour Christophe Gentaz[3], l'homophobie masculine constitue une sorte de préservatif psychique de la virilité en somme.

Des activistes opposés aux droits des homosexuels contestent l'emploi du mot « homophobe ». Par exemple, Jarrod Carter écrit, en 1995, dans une lettre adressée à un journal estudiantin :

« Je ne suis pas homophobe, pour reprendre cette expression idiote encore utilisée par tous ces homosexuels. Vous ne pouvez vous l'affirmer si rapidement ; le mot homophobe signifie, dans une acception populaire, « peur des homosexuels » ou « peur de devenir homosexuel ». Aucune des deux ne m'effraie. Ce qui, cependant, m'agace, c'est que ces personnes à sexualité déviante soient, dans ce pays [c'est-à-dire les États-Unis], tellement mises en valeur. L'homosexualité ne demande aucune compassion : elle est moralement incorrecte. » [4]

On retrouve cette idée dans un article de Mohamed Kimbiri, le président de l'Association islamique pour le salut :

« Aujourd'hui, il n'est plus un crime, même une honte que d'afficher cette perversité au grand jour. Pire, sous certaines latitudes c'est même une fierté que de se déclarer homo. Les défilés de pédé et autres carnavals de lesbiennes sont des rendez-vous institués pour manifester la présence de ces prodigues parmi les vrais hommes. Ces défilés périodiques ou foire régulières des homosexuels sont même parfois l'occasion pour certains hommes socialement "bien vus" de sortir de leur coquille pour s'affirmer au grand jour et camoufler ainsi leur misère morale. » [5]

Polémiques sémantiques  

Les opposants aux mouvements œuvrant pour la reconnaissance des droits des homosexuels affirment que les mots homophobie et homophobesont utilisés pour « gommer » de manière irrationnelle la différence qui existe entre ceux qui ont réellement peur des homosexuels et les abhorrent et ceux qui désapprouvent l'homosexualité pour des raisons de principes moraux, souvent liés à un dogme religieux, de manière à donner honte à ces derniers, ce qui les forcerait à oublier leur désapprobation. Ainsi, les arguments rationnels et les peurs irrationnelles sont mises sur un pied d'égalité, au profit du caractère irrationnel, afin de discréditer toute forme d'homophobie, quelle qu'en soit la définition. Les opposants aux droits des homosexuels jugent cette attitude intellectuelle tout aussi irrationnelle que ce qu'elle combat.

Certains activistes homosexuels, cependant, répondent que l'homophobie ne consiste pas à croire que l'homosexualité est une erreur, mais serait plutôt un ensemble de prises de position et d'actions spécifiques telles que le déni du droit à l'égalité entre homosexuels et hétérosexuels, ou encore l'opposition à toute forme de protection spécifique. Cette vision s'oppose donc à celle de Niclas Berggren, par exemple, qui décrit ces attitudes comme phobiques par essence.

Des chercheurs, enfin, pensent qu'un terme plus adapté pour décrire une prise de position négative envers les homosexuels serait homo-discrimination, puisque les connotations propres à ce type de discriminations rejoignent celles concernant l'ethnie (discrimination raciale, racisme, etc.) ou encore le sexe (sexisme, machisme, misogynie, etc.).

Hétérocentrisme  

Certains estiment que l'homophobie n'est qu'un effet de l'hétérosexisme ou de l'hétérocentrisme, c'est-à-dire la suprématie du modèle social hétérosexuel, présenté comme le seul existant par défaut dans les sociétés actuelles ; cela équivaudrait à la suprématie du modèle blanc, lequel oblitère, dans tous les aspects quotidiens, l'existence d'une grande partie de la population. Analogiquement, l'inexistence dans la publicité, les médias, les exemples des leçons de langues, les films, etc., d'un modèle noir est comparable à l'absence d'un modèle homosexuel : de fait, c'est d'une homophobie par défaut qu'il s'agit ; l'homosexuel n'a pas de représentation de lui-même lui permettant de se situer par rapport à une norme autre que l'hétérosexualité, à laquelle, par définition, il ne peut s'identifier.

Au contraire, les opposants aux activistes homosexuels soutiennent que cette vision des choses est une volonté de marginaliser ceux qui désapprouvent l'homosexualité.

La publicité pourrait ne plus être suspecte d'hétérocentrisme : les couples homosexuels font le plus souvent partie de la cible ─ très recherchée ─ des ménages dits double income, no kids « doubles revenus, sans enfants ». Elle a donc intérêt à les choyer au même titre que toute autre catégorie ayant un bon potentiel économique. Pourtant, dans les faits, la publicité française ne met encore en scène que des stéréotypes d'homosexuels et, surtout, « oublie » comme c'est très souvent le cas, les lesbiennes. L'homosexuel dans la publicité existe surtout pour montrer des situations de décalage humoristique. Il est rare, en effet, qu'on y voie un couple homosexuel banal plongé dans les activités de la vie quotidienne. Dans les pays anglo-saxons, cependant, il semble que l'on assiste à une évolution des mentalités permettant de dire que l'utilisation clichéique de l'homosexualité dans la publicité marquerait un recul. On peut par exemple consulter ce site web, qui recense les publicités mettant en scène l'homosexualité et les classant selon leur degré d'homophobie, de neutralité voire d'homophilie.

Il en va de même, bien que dans une moindre mesure, en politique où les 5%[réf. nécessaire](il s'agit là d'une estimation assez conservatrice) de voix associées ne peuvent être négligés lorsque tant de circonscriptions se jouent dans un mouchoir de poche. En d'autres termes, on pourrait croire que la démocratie fonctionne, pour les intéressés, dans le pourcentage exact de leur présence dans la population. Cependant le poid d'une éventuelle force politique homosexuelle est difficile à mesurer. On peut constater que les hommes politiques homosexuel, déclarés ou non, ne milite pas de manière systèmatique pour certaines revendication des associations homosexuelles. Le milieu politique reste en effet prudent dans son approche des questions de sociétés et ne s'y risque que ponctuellement et par des changements progressifs de législation.

Conséquences de l'homophobie 

Les conséquences de l'homophobie incluent l'homophobie intériorisée, la violence et la discrimination.

Homophobie intériorisée  

Comme le dit Daniel Borillo dans son Que-sais-je ? sur l'homophobie, le fait que les gays et lesbiennes grandissent dans un monde généralement hostile aux homosexuels, et où il n'y a pas de modèles valorisés d'homosexualité, font qu'ils intériorisent la violence homophobe qui les entourent (injures, propos méprisants, condamnations morales, attitudes compassionnelles). Cette intériorisation de l'homphobie peut entraîner un sentiment de culpabilité, de honte, voire des dépressions ou des suicides (l'homosexualité est l'une des principales causes de suicide chez les adolescents).[1]

Violences  

Agressions institutionnalisées  

Régime Nazi  

Dans certains cas extrêmes, l'homophobie a conduit à des meurtres, que la victime soit soupçonnée d'homosexualité à tort ou à raison. Les agressions homophobes ont même été institutionnalisées sous le régime nazi[2][3]. Il est difficile de savoir combien de victimes homosexuelles furent déportées et assassinées entre 1933 et 1945 par ce régime mais les travaux sur bases des condamnations « légales » suggèrent 10 000 victimes. [4], ainsi que 10 000 déportés homosexuels[5]. Inclus dans le système de marquage nazi des prisonniers, les homosexuels étaient tenus de porter un triangle rose. Enfin, le taux de mortalité des homosexuels prisonniers dans les camps est estimé à soixante pour cent.

U.R.S.S.[modifier]

La relative tolérance qu'avait l'U.R.S.S. à ses débuts a disparu avec la consolidation du pouvoir de Staline. La loi du 7 mars 1934 punissant de 5 ans de travaux forcés les rapports homosexuels consentis a permis d'arrêter de nombreux homosexuels[6].

Cuba 

À Cuba, l'homosexualité fut déclarée illégale dans les années 1960 et qualifiée de « manifestation de la décadence capitaliste ». Des centaines d'homosexuels hommes et femmes, et de travestis furent internés dans des camps de concentration (des UMAP : Unité Militaire d'Aide à la Production) entre 1965 et 1967[7] où ils devaient être « rééduqués[8] ». Les prisonniers vivaient des conditions très difficiles, ils étaient astreints au travail forcé, étaient mal nourris et subissaient des mauvais traitements. Les homosexuels ont été ensuite interdits dans l'éducation et dans la représentation artistique de Cuba à l'étranger. Des purges homophobes ont été organisées, notamment à l'université de La Havane[8].

En 1980, le gouvernement a expulsé de nombreux homosexuels lors de l'exode de Mariel. L'homosexualité a été officiellement dépénalisée en 1997[9].

Actuellement

De nos jours, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans sept pays : Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen. Ces législations sont effectivement appliquées. Ainsi, le 19 juillet2005, deux adolescents iraniens, âgés de 16 et 18 ans ont été pendus à Mashhad, en Iranpour avoir eu des relations homosexuelles. Le recours déposé par l'avocat des condamnés devant la Cour Suprême de la République Islamique d'Iran fut rejeté. Au Nigéria en 2007, 18 homosexuels sont jugés risquent la peine de mort dans l'État de Bauchi[10].

L'homosexualité est toujours punie d'emprisonnement (de quelques mois à la perpétuité), de sévices corporels, de déportation ou de travaux forcés dans une soixantaine de pays dont :

Répression de l'homosexualité dans le monde
Répression de l'homosexualité dans le monde

Algérie, Bangladesh, Botswana, Cameroun, Chine, République démocratique du Congo, Émirats arabes unis, Équateur, Éthiopie, Îles Fidji, Guyana, Jamaïque, Kenya, Libye, Malaisie, Maroc, Mozambique, Nicaragua, Nigeria, Oman, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour, Sri Lanka, Syrie, Tanzanie, Togo, Zambie. Cette liste n'est pas exhaustive.

Certains pays répriment indirectement l'homosexualité (interdiction de soutien pour des associations, licenciement, etc.) ou la discriminent, ce qui peut être vécu comme une agression : Grande Bretagne (interdiction des homosexuels dans l'armée jusqu'à il y a un an), Grèce,...

Aux États-Unis, en 2003, la Cour suprême a déclaré anticonstitutionnelles les lois de certains états fédérés contre la sodomie [11]. Elles violent le XIVe amendement de la constitutionqui protège la vie privée et la liberté des citoyens américains. 13 états fédérés sur 50, situés surtout dans le sud du pays, pratiquaient jusqu’alors des lois contre la sodomie entre adultes consentants, quatre condamnant aussi les fellations : le Texas, l’Oklahoma, le Missouri, et le Kansas. Dans ce dernier État, en 2000, un jeune déficient mental de 18 ans a été condamné pour sodomie (en fait fellation) à 17 ans de prison pour circonstance aggravante d'homosexualité. Cette décision fut par la suite annulée par une décision unanime de la Cour Supreme du Kansas. [12].

En revanche, dans de nombreux pays, notamment des pays fortement sécularisé, la discrimination à l'égard des personnes homosexuelles est aujourd'hui sanctionné. Ces sanctions sont notamment des sanctions pénales tel que des amendes, et elles peuvent concernées des personnes morales; comme des entreprises.

Agressions diverses  

Généralités  

Le meurtre — qu'il soit légalisé dans le cas de la peine de mortou non — n'est pas la violence la plus répandue. Il faut compter au titre des violences dues à l'homophobie surtout les passages à tabac, voies de fait[13], insultes, etc. D'autre part, l'injure homophobe est, en France, très commune, bien que souvent démotivée : des expressions comme pédé, tapette ou encore enculé sont fréquentes. Elles ne servent cependant pas toujours à injurier une personne soupçonnée d'homosexualité.

La peur de l'agression, verbale ou physique, est un trait partagé par nombre d'homosexuels, qui, le plus souvent, désertent les zones rurales afin de gagner la ville, où les populations peuvent être plus ouvertes et moins agressives. Dans certaines villes de France, comme Paris (dans le quartier du Marais) ou Montréal ou encore Montpellier, à l'instar d'autres métropoles, il existe des communautéshomosexuelles, s'inscrivant dans une aire géographique délimitée plutôt que véritablement dotées de valeurs communes. Les violence physiques à l'encontre des homosexuels n'en existent pas moins dans ces métropoles et sont parfois le fait de bandes urbaines. Une presse engagée dans l'activisme homosexuel, comme le mensuel français Têtu, dénonce fréquemment les exactions, brimades, discriminations, homophobes, punies par la loi française.

Prises de position[modifier]

Les positions religieuses à l'égard de l'homophobie  

Les positions des sectes  

Selon les Témoins de Jéhovah, l'homosexualité, tant masculine que féminine, est une pratique considérée comme une perversion, moralement mauvaise et contre-nature. Pratiquer des actes sexuels entre personnes de même sexe revient selon eux à se rabaisser au niveau de la bête[14], et un fidèle qui s'y adonnerait risque l'excommunication s'il ne se repent pas[15] Les Témoins de Jéhovah se basent sur des passages de la Bible tels que celui-ci :

« Lorsqu’un homme couche avec un mâle comme on couche avec une femme, tous deux ont fait une chose détestable. Ils doivent absolument être mis à mort. Leur sang est sur eux.  »
    — Lévitique20:13

Ils déclarent appliquer une lecture littérale de la Bible alors qu'un tel verset biblique appelle au meurtre.

Les positions de l'Eglise[modifier]

Dans une lettre adressée en 1986 aux évêques de l’Église catholique, le cardinal Ratzinger, aujourd'hui devenu Pape sous le nom de Benoît XVI, décrivait l’homosexualité comme un « mal moral », « un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu ». Mgr Ratzinger recommandait qu’un « souci spécial devrait être porté sur les personnes de cette condition, de peur qu’ils soient menés à croire que l’activité homosexuelle est une option moralement acceptable ». Il concluait sa lettre en souhaitant que soit retiré « tout appui envers un organisme qui cherche à contredire ces enseignements »[16].

En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques américains signée par le cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminationsenvers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l’adoption, les homosexuels dans l’armée, l’homosexualité des enseignants. Ratzinger soutient que tenir compte de l’orientation sexuelle n’est pas « injuste ». Poursuivant le raisonnement, il n’hésite pas à affirmer qu’en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l’Église ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent »[17].

En 2003, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dirigée par Joseph Ratzinger, publie des « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles » dans lesquelles elle affirme « Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité ». Et de rappeler que « le parlementaire catholique a le devoir moral de voter contre les projets de loi ». Dans le cas où la loi existerait déjà, il doit « s’opposer par les moyens qui lui sont possible et faire connaître son désaccord »[18].

Aux États-Unis, les assassins du jeune Matthew Shepard en 1998, ont revendiqué leur crime au nom de la "Sainte Bible", se référant au passage du "Lévitique" appelant au meurtre des homosexuels.

Les positions politiques à l'égard de l'homophobie  

En France, où les couples homosexuels ne sont reconnus que par le PACS, les propos homophobes publics sont fréquents. En 1998, les débats sur le PACS à L'Assemblée nationale seront prétextes à certaines répliques : « Il n'y a qu'à les stériliser »[19], « Ça tourne à la zoophilie ! »[20]. D'une manière similaire, Emmanuel Hamel a, en séance de lecture au Sénat lors des discussions sur le PACS, déclaré, entre autres, que l'acronymePACS signifiait « Pacte de contamination sidaïque »[21].

Le 31 janvier 1999, 100 000 personnes défilent à Paris contre le PACS ; à l'instigation de la députée UDFChristine Boutin, par le collectif "Génération Anti-PacS" composée d'organisations familiales et religieuses[22]. C'est une des rares manifestations ou l'on a pu voir pêle-mêle des hommes politiques de droite voire d'extrême-droite et des croyants de différentes confessions (catholique, juive, musulmane…) faire marche commune.

La célébration par Noël Mamère du premier mariage homosexuel français, le 5 juin 2004 à Bègles, a déclenché une vague d'homophobie d'une extrême violence ; Serge Simon a compilé dans son livre Homophobie 2004 France[23]une sélection des plus de 4 000 lettres, photographies, dessins et affiches d'insultes, de menaces, et de haine reçus par Noël Mamère.

Le 5 octobre2004, l'Italien Rocco Buttiglione, commissaire européen désigné à la justice et aux affaires intérieures, déclarait que l'homosexualité était un « péché »[24]. Ancien ministre des affaires européennes de Silvio Berlusconi, il est catholique et proche des positions de l'ancien papeJean-Paul II.

Le 11 juin2005, une manifestation d'homosexuels et de sympathisants à Varsovie en Pologne tourne mal : des jeunes d'extrême-droite lancent des injures homophobes et provoquent des heurts. Les violences font quelques blessés[25].

Le député UMP du Nord Christian Vanneste avait dit dans La Voix du Norddu 26 janvier 2005 que l'homosexualité était « une menace pour l'humanité », reprenant ainsi un élément de son intervention de décembre 2004 à l'Assemblée Nationale où il s'était basé, d'un point de vue strictement philosophique, sur l'impératif catégorique de Kant pour dire que "l'homosexualité était un comportement", et que "ce comportement était inférieur à l'hétérosexualité". Parmi ses citations : « Je n'ai parlé que d'infériorité morale et sociale du comportement homosexuel par rapport au comportement hétérosexuel qui conduit au mariage et à la procréation » ou encore « L'homosexualité n'est pas innée, mais acquise [...]. Si l'homosexualité est acquise, elle peut aussi être rééduquée. »[26] Il a été condamné suite à ses propos.

Exemple de réactions à l'étranger  

En mai 2007, en Russie, alors que le pays s'apprête à organiser la première Gay Pridede son histoire, les milieux nationalistes d'extrême droite et les mouvements religieux orthodoxes appellent à perturber le défilé. L'Union de tous les Russes a notamment critiqué violemment les sodomites et les dégénérés qui, malgré l'interdiction officielle des autorités de Moscou, vont conduire le 27 mai (...) un cortège dans le centre de Moscou[27]. Quant au grand mufti de Russie, il a lancé un appel pour "battre" les homosexuels qui oseraient participer à la Gay Pride.[28].

Lois en vigueur (en France)  

Loi du 18 mars 2003, article 132-77 du code pénal qui fait une circonstance aggravante lorsqu'un crime ou un délit est commis en raison de l'orientation sexuelle de la personne. Loi du 30 décembre 2004, pénalisant les propos liés au sexe ou l'orientation sexuelle de la personne. Environ une vingtaine d'affaire pour agressions homophobes ont été jugées. [29]

Liens  
  • Dossier sur l'homophobie en France par Act Up Paris [6]
  • Le site Triangles Roses, consacré à la persécution des homosexuels sous le régime nazi[7]

Discrimination  

Le plus souvent, l'homophobie se manifeste par la discrimination. Jusqu'à récemment, la discrimination contre les homosexuels était légale en Occident : l'État y participait. C'est grâce au vote, à partir des XIXe et XXesiècles principalement, de lois anti-discrimination et au passage d'une morale sociale intolérante à une certaine acceptation, que la situation s'est, toujours en Occident, quelque peu améliorée pour les homosexuels. Par exemple, en France, l'homosexualité a été dépénalisée par le Code pénal de 1791. Napoléon n'est pas revenu sur ce progrès. Le fait que Jean-Jacques Régis de Cambacérès, rédacteur d'un premier projet de Code civil avant le Consulat, était homosexuel, a dû avoir son importance. C'est sous le gouvernement de Vichy que certaines discriminations pénales réapparaissent et en 1982 que François Mitterrand les fait supprimer (voir l'article Homosexualité).

Des activistes opposés aux droits des homosexuels, cependant, considèrent que les lois de « tolérance » sont, en fait, discriminatoires pour les hétérosexuels. Au contraire, les activistes homosexuels affirment que l'homophobie légalisée reste une norme, plus ou moins dissimulée, dans la majorité des pays, qui se manifeste par des licenciements abusifs, des refus de locations ou diverses autres brimades.

Ainsi, dans les années 50 et 60 au Canada, une campagne de licenciement des homosexuels dans l'administration et l'armée a été menée ; pour ce faire, chaque personne était testée au moyen d'un appareil, nommé en argotanglaisfruit machine ; celui-ci mesurait les réactions de la pupille, la transpiration et le rythme cardiaque des testés devant la projection d'images pornographiques homosexuelles.

Le fait que les couples homosexuels ne puissent bénéficier de l'accès au mariage et des ses avantages (couverture sociale, transmission de patrimoine, adoption...) n'est pas considéré, en droit français, comme discriminatoire. Néanmoins, les associations de défense des personnes homosexuelles considère qu'il y a là discrimination. On se reportera à Mariage homosexuel.

Origines de l'homophobie  

Les origines de l'homophobie dans la société sont un sujet de débats. On remarque que les croyances et attitudes homophobes sont indépendantes de l'orientation sexuelle mais sont en relations avec l'homophobie d'État. Ainsi, un pays qui n'accorde pas les mêmes droits entre les homosexuels et les hétérosexuels a généralement un nombre d'agressions homophobes plus élevé que les autres. Il est à noter qu'une plainte pour agression homophobe est déposée en France tous les trois jours.

Pour certains, l'homophobie tire ses origines dans le mode de fonctionnement même de la société (diviser pour mieux régner et le chacun pour soi). Voir aussi le petit guide des combattants de l'homophobie[30].

Pour d'autres, c'est l'existence de relations homme/homme qui serait la plus à même de choquer les âmes sensibles et de faire naître l'homophobie, au contraire des relations femme/femme, qui peuvent même participer de l'érotisme hétérosexuel (on trouve en effet souvent des scènes de lesbianisme dans les films pornographiques pour hétérosexuels). En sorte, c'est le fait qu'un homme puisse être pénétré (lors de la sodomie, par exemple) qui contredit le schéma stéréotypé dévolu aux sexes : la femme est passive, l'homme actif. Or, entre deux hommes, la notion de rôle actif et de rôle passif est réduite à néant (contrairement à une idée reçue, d'ailleurs, car les homosexuels masculins ne se répartissent pas forcément entre actifs-pénétrants d'une part et passifs-pénétrés d'une autre) : l'homme pénétré effraie l'homophobe, comme si la pénétration d'un homme pouvait être le symbole d'une perte d'intégrité. Il faut noter, du reste, que certains hommes hétérosexuels apprécient la pénétration anale pratiquée par leur partenaire féminin (au moyen de godemichets, par exemple). Cela permet-il d'affirmer que l'acceptation de la pénétration est une négation de la masculinité? Historiquement, cependant, on peut noter que les Romainstoléraient de fait diverses pratiques sexuelles : ainsi il était courant chez les patriciens qu'un citoyen pénètre, par sodomie ou fellation, un homme; cependant l'homosexualité n'était pas officiellement admise. Serait ce le caractère revendicatif et la volonté de s'institutionnaliser des homosexuels moderne qui provoque une réaction de rejet, ou le fait que ces pratiques ne soit plus toléré en privé qui pousse les homosexuels a les revendiquer publiquement?

La psychanalyse explique quant à elle que l'homophobie peut être le résultat de désirs homosexuels refoulés, ce qu'un test récent de l'American Psychologist Associationtend à prouver : sur un public d'hommes se disant hétérosexuels — et se déclarant homophobes ou non — auxquels l'on a fait visionner des images érotiques homosexuelles, 44% des non homophobes ont montré des traces d'excitation, contre 80% des homophobes. De même, 24% des non homophobes étaient en érection complète contre 54% pour les homophobes. La méthode ayant servi à ces mesures ainsi que le compte-rendu sont disponibles en ligne. Toutefois, les auteurs eux-mêmes de l'expérience soulignent que l'anxiété augmente l'excitation sexuelle, que cela a pu contribuer à augmenter les résultats des homophobes, et que d'autres expériences sont nécessaires pour trancher. On trouve donc le plus grand nombre d'homophobes parmi les hommes, surtout les jeunes.

Néanmoins, l'homophobie est aussi culturelle ; ce n'est ni une peur innée ni une réflexion construite qui en est à l'origine, mais souvent un trait culturel acquis au contact d'une société globalement homophobe par habitude. Beaucoup des jeunes se disant dégoûtés par l'homosexualité n'ont en effet aucun avis réel sur la question et ne sont pas capables d'expliquer leur homophobie. Celle-ci fait partie de la culture dans laquelle ils se développent, souvent influencée par la religion (consulter Homosexualité et religionà ce sujet). Dans de nombreux cas, à la question « pourquoi êtes-vous dégoûté par l'homosexualité ? », la seule réponse est assez évasive : « parce que c'est dégoûtant », soit un argument d'autorité : « parce que la Bible / le Coran / ... telle ou telle personne l'a dit ». L'homophobie culturelle peut même être facilitée par un cadre légal discriminant, soit par interdiction de l'homosexualité, soit par l'établissement d'une différence entre les âges de la majorité sexuelle selon que la relation est hétéro- ou homosexuelle, soit par l'interdiction du mariage aux homosexuels... C'est pourquoi la majorité des militants gays revendiquent l'égalité des droits.

Lutte contre l'homophobie  

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (1)

https://www.rituel-de-retour-affectif-rapide.com
  • 1. https://www.rituel-de-retour-affectif-rapide.com | 06/05/2018
Un jour, sans vous y attendre, après une dispute, d'un ras-le-bol général, votre partenaire vous quitte. Le ciel vous tombe sur la tête, le bonheur laisse tout à coup place à la douleur, puis cette

question qui reviens en boucle : Que faire maintenant?
Afin de vous aider à vous reconstruire au plus vite, nous vous guiderons, étape par étape afin que vous puissiez raviver la flamme chez votre partenaire.mais comme le malheur ne prévient pas,voici quelques solutions du puissant Maitre medium Marabout papa Santos pour vous aider à retrouver votre sourire en cas de problèmes d'amour,retour d'affection,attirance et autres...

les rituels d'amour et de retour d'affection du maitre medium voyant puissant marabout dahvaudou Santos * Retour de l' être aimé * Rapprochement affectif * Retour Affectif Rapide* Magie rouge, Magie blanche, Magie noire pour l'amour * Jeter un sort pour le retour de l'amour perdu * Médium Marabout, rencontrer l'amour * Maitre spécialiste de l'amour * Envoutement,
desenvoutement d'amour * Retour d'affection rapide*

Visitez son site web : https://www.rituel-de-retour-affectif-rapide.com ou faite moi parvenir votre demande par e-mail : Contact@marabout-vaudou-occulte.com
N'oubliez jamais que cette personne à été à un moment amoureuse de vous, ce qui signifie qu'il est toujours possible de faire renaître la flamme. Alors ne laissez pas les choses se dégrader à cause d’une dispute, d’une mauvaise passe, ou comme bien souvent à cause d’un mal entendu. Je suis aussi joignable sur Whatsapp au numéro : +22 99 74 58 500 Vous devrez faire un travail sur vous-même et ce n'est qu'en mettant en pratique ses conseils que vous réussirez à atteindre vos objectifs.

Contact Maître SANTOS :
SiteWeb : https://www.marabout-vaudou-occulte.com
SiteWeb : https://www.rituel-de-retour-affectif-rapide.com
SiteWeb : https://www.richesse-rapide.wixsite.com/devenir-riche
SiteWeb : https://www.retour-affectif-ex.wixsite.com/marabout-vaudou
SiteWeb : http://www.sorcier-vaudou.onlc.be
Blog : http://www.magieretouraffectif.unblog.fr
E-Mail : Contact@marabout-vaudou-occulte.com
Tél Bénin :+22 99 74 58 500 (Joignable aussi sur Whatsapp)
Tél Cabinet de France : +33 64 46 66 602 (Joignable aussi sur Whatsapp)

Ajouter un commentaire