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Anna Wintour

Anna Wintour


 

Lorsque le nom de la fameuse et mystérieuse rédactrice en chef du Vogue américain apparaît dans une conversation, il suscite moult réactions. Tous et toutes ont leur avis sur le personnage… Elle est successivement taxée d’artiste, de femme brillante, de despote, d’héroïne ou de prêtresse de glace. Le fait est qu'Anna Wintour intrigue. Et si elle dit ne pas se préoccuper ni entretenir son statut d’icône, ses faits et gestes ne font que le renforcer. Elle semble être au-dessus de tout et sur cela les esprits s’accordent : Anna Wintour est et fait la mode.

Anna Wintour

Tentons rationnellement de dresser le portrait de celle qui depuis bientôt 20 ans est à la tête du Vogue Américain. Essayons d’éviter la caricature, de laisser sur le coté le fameux "Le diable s’habille en Prada" et de réactiver notre esprit critique, vierge de toute idée préconçue…

Car si la dame en question perdure et continue à faire de Vogue ce qu’il est - un magazine offrant un vrai regard sur l’évolution de la mode, un nouveau testament de la tendance qui ne cesse d’être à la pointe de cette religion qu’est devenue la mode - cette femme mérite d’être jugée pour ce qu’elle est, et non sur des a priori caricaturaux. Tentons l’impossible, essayons de faire tomber le masque…

Anna Wintour est la fille de Charles Wintour, un éditeur anglais. À 21 ans, elle a l’opportunité d’intégrer la section mode du magazine anglais Harpers & Queen. Elle préféra saisir cette chance plutôt que de rentrer à l’université. Six années plus tard, en 1976, elle s’envole pour New York où elle obtient le poste de responsable de la rubrique mode du Harper’s Bazaar.

Après un passage éclair au New York Magazine où elle décide des Unes concernant la mode, elle est débauchée par Vogue qui lui propose le poste de directrice artistique. Elle accepte et très vite le Vogue anglais lui offre d’être rédactrice en chef. Les choses vont très vite : durant deux ans, Anna Wintour se forge une expérience en tant que décideuse et chef de file. Ses anciens collègues, s'ils ne parlent pas d’elle avec chaleur, l’évoquent avec respect, louent sa rigueur et son amour du détail.

En 1988, c’est sur un pont d’or qu’elle fait son retour à New York : c’est elle désormais qui sera la rédactrice en chef du Vogue Américain. En 18 ans, Anna Wintour est passée du statut de simple pigiste à celui de pythie adulée et redoutée de la mode. En 20 ans de carrière au sein du Vogue Américain, de 1988 à nos jours, elle a été celle qui façonne la mode de demain, la force qui noie ou élève les jeunes designers… on dit même que c’est elle qui a "fait" Marc Jacobs et Alexander McQueen.

Anna Wintour

Bien que son talent, sa perspicacité et sa foi inébranlable en l’innovation et l’avant-garde aient fait d’elle un être respecté par la planète fashion, Anna Wintour a la réputation d’être hautaine et froide. Il est dit que travailler avec elle est pour le moins difficile, qu’elle insiste pour que son équipe soit au plus près de l’esthétique diffusée par Vogue : l’allure fil de fer est donc un must au sein des bureaux new-yorkais du magazine.

Si le livre de Lauren Weisberger, "Le diable s’habille en Prada", est jouissif à force d’être caricatural, on ne peut s’empêcher d’imaginer qu’il n’est peut-être pas si éloigné de la réalité (l’auteur fut l’assistante d’Anna Wintour durant une année). Cependant, là où l’image de femme insensible, dénuée de toute compassion et d’humour se fissure, c’est lorsque Anna Wintour apparaît lors de la première du film toute de Prada vêtue…

Le monstre sacré de la mode serait-elle tout à fait consciente de ce qu’elle dégage et s’en servirait-elle pour mener à bien une entreprise qui nécessite des nerfs d’acier et une résistance à toute épreuve ? Ce que le public lui reproche n’est-il pas le fait de tous les décideurs de haut vol, qui sont obligés d’aller droit au but, car les journées n’ont que 24 heures…

Les journées de Mme Wintour sont d’ailleurs minutées de près. 5h45, le réveil sonne dans son appartement de Manhattan, elle enchaîne sur une heure de tennis. Elle se fait ensuite coiffer et maquiller puis conduire au bureau de Vogue, où elle mène à la baguette son staff et décide personnellement de tout ce qui apparaîtra dans le Vogue à venir, du contenu de la série mode à la mise en page des news du mois, en passant par la typographie de tel ou tel titres…

Anna Wintour

Fortement sollicitée, elle ne reste jamais plus de 10 minutes lors d’un vernissage ou autre soirée, ce qui lui permet de voir le maximum de choses en un minimum de temps. Elle se couche rarement au-delà de 22h. Et ça recommence dès 5h45…

En dehors de son travail de rédactrice en chef, Anna Wintour se plait à être philanthrope. Elle a créé, avec le comité des jeunes designers d’Amérique, un fond permettant aux jeunes talents d’éclore en les aidant financièrement. Elle avait aussi rassemblé énormément d’argent pour aider les familles victimes des attaques terroristes du 11 septembre. Et fait de l’association AIDS l’une de ses priorités.

Anna Wintour ne donne que très peu d’interviews, cependant en 2006, elle accorda un entretien à un journaliste du Guardian. Il la décrivit ainsi : elle parlait d’une voix atone, comme si cela la faisait souffrir. Elle a toujours dit que ce que certains prenaient pour de la prétention ou du snobisme n’était en réalité que de la timidité.

Lorsqu’il l’interrogea sur son aura glaciale et sa réputation de dictatrice, elle lui répondit que ce sont des choses qui peuvent choquer chez une femme, mais qui passeraient très bien chez un homme et que toutes les critiques qui portent sur sa manière de gérer son équipe ne l’atteignent pas, car le résultat est là : Vogue est indétrônable. Selon elle, le look des filles bossant dans la presse mode se doit d’être pointu et cela que ce soit chez Vanity Fair ou Vogue…

Anna Wintour

Elle se dit également admirative du talent des designers actuels, que sa passion est de les aider à pouvoir s’épanouir. L’éthique et la libre pensée dans la mode ne sont pas des notions abstraites, tout du moins chez Vogue : ainsi lorsque Armania tenté d’acheter les magazines en leur proposant des publicités moins chères à condition que les produits Armani apparaissent beaucoup plus dans les pages desdits magazines, Anna Wintour fut la seule à refuser. On ne l’achète pas.

Son absence de communication, son look immuable - coupe au carré, frange, lunette oversize - sont venus du fait qu’à un moment, Anna Wintour est devenue une figure, une image, un personnage dans l’inconscient collectif. Dès lors, elle a fermé de nombreuses portes donnant sur sa véritable personnalité, elle s’est forgée une armure, un masque. "Les gens n’ont pas besoin de me connaître, ce qui m’importe c’est Vogue".

Une journaliste l’interrogeait en 1986, lorsqu’elle débutait en tant que rédactrice en chef du Vogue anglais. Ce n’est pas la Anna Wintour froide et pragmatique qui lui répondait : "L’organisation est terrible, je deviens folle, j’aimerais rester à la maison, m’occuper de mon bébé, avoir une vie calme… Mais je ne crois pas pouvoir avoir un enfant ici, avec mes 15 heures de travail quotidien. J’atteins mon but, il faut que je me donne à fond…"

22 ans, 2 enfants et 2 mariages plus tard, Anna Wintour a choisi de suivre ses rêves de carrière et est devenue une femme d’affaire intrépide, une icône de mode, un être de fiction, mais nous n’avons sans doute aucune idée de ce qui se cache derrière la façade mondaine de cette femme mystérieuse…

Anna Wintour
Cependant, celle qui est si discrète sur sa vie privée est de plus en plus souvent aperçue avec sa fille, Bee, lors des défilés, galas et autres événements fashion. Anna Wintour a-t-elle décidé de s’exposer un peu plus ? Ou pense-t-elle à sa succession en la personne de Bee Shaffer ?
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